Artiste autodidacte à la démarche profondément humaniste, Céline Plousey développe une œuvre nourrie par une sensibilité intense au monde qui l’entoure, à la nature et aux formes fragiles du vivant.
Issue d’une famille d’artisans d’art, elle grandit au cœur de l’atelier familial d’encadrement RG Gault, à Paris, dans une proximité quotidienne avec les textures, les surfaces et les gestes de transmission : dorure, patines, sculpture. Cette familiarité précoce avec les matériaux fonde durablement son rapport à la création. Avant de revenir à la pratique plastique, elle mène un long parcours d’étude, de recherche et d’engagement autour des dynamiques humaines de métamorphose.
Cette trajectoire la conduit vers la psychothérapie, l’élaboration de protocoles novateurs d’accompagnement du traumatisme, ainsi qu’un travail de terrain auprès de publics confrontés à des expériences de rupture profonde. Elle collabore notamment avec le laboratoire de biochimie des armées autour des états traumatiques, accompagne en pleine nature des soldats atteints de blessures psychiques de guerre, ainsi que des femmes en rémission de cancer sur le massif du Mont-Blanc. Depuis plus de vingt ans, l’artiste rencontre des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants à des moments de bascule : ces instants où quelque chose se défait, vacille, se fracture, mais où peut aussi s’amorcer un mouvement de recomposition. Ces expériences l’ont conduite au plus près des zones de vulnérabilité, parfois aux confins de ce que l’humain peut traverser, là où pourtant persiste une force silencieuse, une capacité de relèvement. Ces espaces de fragilité et de passage sont devenus, pour elle, des lieux de vérité.
C’est depuis cet endroit que naît son travail artistique. Portée par une curiosité profonde pour les matériaux organiques, papier japonais, fibres, encres végétales, mousses, feuilles, résines, pigments et transparences, Céline Plousey ne cherche pas à imposer une forme, mais à accompagner ce qui advient. Son œuvre entre en résonance avec ce qui, en chacun de nous, cherche à se déplacer, à se régénérer, à prendre forme. Elle ouvre un espace entre matière et mémoire, blessure et métamorphose, visible et invisible. Un espace sensible, au seuil du vivant, tourné vers la révélation.




